Alors que va s’ouvrir le prochain congrès de notre parti, que peut-on en attendre ? L’émergence d’un leader ? La clarification de notre ligne politique ? Les deux ?
Je crois qu’il faut avoir un regard critique sur le passé. Lorsque François Mitterrand a gagné par deux fois l’élection présidentielle, il disposait d’un vrai programme politique dans lequel tous ceux qui le soutenaient se reconnaissaient. Je pense que cette condition n’était pas satisfaite en 2007. Le projet socialiste sur lequel nous avons voté pêchait par des manques immenses qu’il a parfois fallu combler dans l’urgence. Je citerais, pour mémoire, notre stratégie d’alliance et en particulier l’attitude à adopter vis à vis du centre, sujet qui a donné lieu à des propos très discordants. Comment un parti qui fourmille de compétences et d’idées a-t-il pu en arriver à ce degré d’approximation ? Il faut, pour le comprendre, observer qu’au fil des années le terrain des convergences partagées par tous les socialistes s’est amenuisé au point de devenir une peau de chagrin.
Prenons n’importe quel sujet, on trouvera toujours une voix dans le parti qui ne partage pas l’idée majoritaire. Les exemples de l’actualité récente sont à cet égard éloquents : la réforme constitutionnelle de Nicolas Sarkozy ou plus récemment encore la présence des troupes françaises en Afghanistan. Le sentiment qui en ressort est peut-être celui d’un parti qui est une somme d’individualités et de courants s’exprimant librement. Il est certain que, pour un leader socialiste, montrer une différence lui assure une couverture médiatique conséquente. Mais l’accumulation de ces trajectoires d’électrons libres donne une image désastreuse de notre parti dans l’opinion publique. Allez-vous confier le gouvernement de la France à des gens qui ne sont pas capables de se mettre d’accord sur le moindre sujet ?
Pour conclure la situation du parti socialiste de la période récente me fait penser aux querelles incessantes qui divisaient les tribus gauloises à la veille de l’invasion romaine. L’émergence d’un chef charismatique en la personne de Vercingétorix n’a pas suffi à empêcher la défaite. J’attends donc plus de ce congrès la définition d’une vraie ligne politique qui permette de déboucher sur un programme de gouvernement que l’émergence d’un prochain candidat à l’élection présidentielle. Souhaitons enfin que pendant la période à venir la nouvelle direction sache canaliser les efforts de tous vers cet objectif.
Christophe Hénocq
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